Objectif 700 000 plats par an: la Banque Alimentaire dévoile sa future cuisine
Face à la demande toujours plus croissante d'aide alimentaire, l'ancienne cuisine de la Banque Alimentaire de l'Isère, à Seyssins, était devenue trop exiguë. Il a alors été décidé de déménager à Fontaine, où les travaux d'aménagements doivent se terminer dans les prochaines semaines. Quand ça sera le cas, cette nouvelle cuisine pourra produire jusqu'à 700 000 plats par an.
Dans cette immense cuisine de plus de 600 m2, Pascal Noir est comme un enfant dans un parc d'attractions. Avec un large sourire traduisant son enthousiasme, il présente un à un tous les équipements. « Là, ce sont des sauteuses basculantes. C'est comme un mélange entre un four et une plancha. Elles ont chacune coûté 27 000 euros, mais c'est le top », assure le bénévole à la Banque Alimentaire de l'Isère. Puis, face à Nathalie Béranger, Catherine Bolze et Sandrine Chaix, les trois élues de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en visite ce jour-là, il s'émerveille devant le lave-vaisselle ayant coûté 28 000 euros: « Il n'y a quasiment pas de vapeur qui sort quand on ouvre, même si l'eau chauffe jusqu'à 85°C. »›
Mais avant de pouvoir confectionner des plats dans cette cuisine superbement équipée, située à Fontaine, dans les anciens locaux de Vercors Restauration appartenant désormais à la commune, le directeur délégué aux formations au lycée Lesdiguières va devoir attendre encore un peu.
Commencés en septembre dernier, les travaux ne sont pas encore tout à fait terminés. « On a connu quelques péripéties qui ont retardé notre calendrier, comme la découverte d'amiante », indique Philippe Guérin, le vice-président. La fin des travaux, dont le coût est estimé à au moins 370 000 euros, est désormais attendue pour la fin du mois de juin. « Mais pour commencer notre exploitation, il faut encore qu'on obtienne l'accord de la Direction départementale de la protection des populations »›, désespère-t-il.
« Avant, on ne savait pas quoi faire de la viande »
Quand ça sera le cas, la Banque Alimentaíre de l'Isère entrera dans une nouvelle dimension. Cette cuisine fontainoise doit permettre de produire jusqu'à 700 000 plats par an à base de viandes et de légumes, quand l'ancienne, située dans le collège Marc-Sangnier à Seyssins, ne pouvait en assurer que 250 000. Pour faire fonctionner cette logistique, plus d'une cinquantaine de bénévoles, épaulés par deux chefs cuisiniers salariés, sont aux fourneaux cinq jours par semaine par équipes de dix. En échange d'une participation financière de solidarité inférieure à deux euros par portion, les barquettes permettent d'approvisionner les associations conventionnées. Pour le moment, elles sont principalement installées autour de Grenoble, mais l'objectif est de développer le réseau dans tout le département.
Cette cuisine Trois étoiles solidaires est la solution trouvée par la Banque Alimentaire de l'Isère pour lutter en particulier contre le gaspillage de la viande. « Avant, ça nous posait problème parce qu'on en recevait beaucoup et on ne savait pas toujours quoi en faire, se souvient Bernard Perry, ancien président de l'association. Puis il y a une douzaine d'années, on s'est dit qu'on allait la cuisiner afin d'étirer sa date limite de consommation de cinq jours et ainsi en faire profiter plus de monde. Résultat, en 2024, nos bénévoles ont cuisiné 30 tonnes de viande. »
Timothé Soulié