Le Rayon Esope 38 vient en aide aux étudiants précaires

03/08/2026 - article du Dauphiné Libéré

« Ici, avec dix euros, tu peux faire tes courses » : le Rayon Esope 38 vient en aide aux étudiants précaires

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Des rayons garnis de produits alimentaires et d'hygiène, des caisses, des sacs de courses… À première vue, Le Rayon Esope 38 a tout d'une petite supérette. Sauf que, dans cette épicerie solidaire créée en 2024 située rue Guetal, à Grenoble, les clients sont des étudiants précaires. « Je viens ici chaque semaine depuis que j'ai découvert le lieu sur TikTok », raconte Aymane, lunettes transparentes sur le nez. En première année d'architecture, l'étudiant ne travaillera pas pendant ses vacances. Alors, acheter des produits, issus pour une grande partie de la Banque Alimentaire de l'Isère, a seulement 20 % à 30 % de leur prix initial, lui permet d'économiser.

En mai et en juin, Le Rayon Esope 38 a encore enregistré quelque 950 passages chaque mois, contre 1 250 en avril. Pour accéder au dispositif, les étudiants doivent au préalable s'inscrire en ligne. Ils
peuvent ensuite venir faire leurs courses deux fois par semaine au maximum, dans la limite de 50 euros de dépenses mensuelles. « C'est largement suffisant », assure Aymane avant de repartir entre les rayons.

« Je viens surtout pour les fruits et légumes » 

Le vingtenaire aux longs cheveux s'attarde devant l'étal de fruits et légumes. Ce jour-là, Carole, retraitée et bénévole, veille sur les cagettes. Carottes, courgettes, bananes, tomates, abricots, aubergines… « Les jeunes ont compris qu'il fallait manger équilibré, explique-1-elle. Donc ces aliments partent très vite. »

Sarah, étudiante en mathématiques, confirme: « Je viens surtout pour les fruits et légumes, car ils sont trop chers ailleurs. » Avec un loyer de 400 euros, des problèmes de santé et aucune allocation versée par la CAF, cette épicerie reste indispensable. « Ici, avec dix euros, tu peux faire les courses pour deux semaines. Ça me permet de ne pas penser à comment je vais faire pour manger. »

Désormais, les bénévoles espèrent continuer à faire connaître le dispositif. Depuis juin, et jusqu'à septembre, une opération permet ainsi à chaque étudiant de venir faire ses courses une fois, sur simple présentation de sa carte étudiante. Un succès, témoigne Sylvie Flandrin, chargée du projet Esope. « Depuis, de nouvelles personnes sont venues. »

A.F.

« Un de mes amis est contraint d'arrêter ses études » : la galère des étudiants étrangers

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Sur l'un des murs de l'épicerie solidaire grenobloise Le Rayon Esope 38, une carte du monde attire le regard. Les bénévoles ont invité chaque étudiant bénéficiaire ã planter une punaise sur son pays d'origine. Algérie, Maroc, Iran, Inde, Russie, États- Unis... les marqueurs dessinent une géographie de la précarité étudiante. « Il y a une majorité d'étudiants étrangers qui viennent ici », constate Franceline, bénévole.

Abdelhakim est l'un d'eux. Étudiant algérien à l'Université Grenoble Alpes (UGA), le vingtenaire  fréquente l'épicerie solidaire depuis bientôt un an. Mais cet été marque pour lui un nouveau tournant. Depuis le le 1er juillet, les étudiants internationaux non boursiers originaires de pays hors de l'Union Européenne ne sont plus éligibles aux APL (aides personnelles au logement). « Je vais perdre  environ 200 € par mois », se désole-t-il.

« Pour les étudiants étrangers, tout a basculé il y a quelques mois »

À cette baisse s'ajoute une autre source d'angoisse : la hausse des frais d'inscription à l'université décidée cette année. « Un de mes amis est contraint d'arrêter ses études, car il ne pourra pas payer
l'augmentation de ces frais, assure Abdelhakim. Pour les étudiants étrangers, tout a basculé il y a quelques mois. » L'UGA a d'ailleurs annoncé une « année de transition » avant d'appliquer cette mesure.

Restent les dépenses quotidiennes. Or, pour certains, l'accès à l'emploi reste difficile. « Nous, les étudiants algériens, nous sommes les seuls à devoir demander une autorisation de travail pour un job étudiant, déplore Samir. Or, cela prend beaucoup de temps à obtenir. » Sans emploi et avec des ressources limitées, Samir n'a donc d'autre choix que de se tourner vers l'épicerie.

A.F.