À la Banque Alimentaire, « c'est comme faire partie d'une ruche »

Bénévolat
22/09/2025 - article du Dauphiné Libéré
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Alain, Jean-Pierre, Marieke… Tous sont bénévoles à la Banque Alimentaire de l'Isère et fiers de l'être. Le Dauphiné Libéré les a rencontrés alors que l'association est à la recherche de nouveaux volontaires pour faire face à la hausse de la précarité des bénéficiaires, aujourd'hui plus de 10 000 dans le département.

Il est 7h30. Les premiers bénévoles de la Banque Alimentaire de l'Isère s'affairent déjà dans l'entrepôt de 3 000 m2, situé à Fontaine. D`autres sont au volant des camions de l'association pour «ramasser» les denrées auprès des partenaires que sont les grandes surfaces, les plateformes de grande distribution, les producteurs locaux ou les industriels agroalimentaires. Dans tout le département, ils sont 240 bénévoles à œuvrer chaque jour pour collecter, trier puis distribuer des produits alimentaires et d'hygiène à d'autres associations, comme les Restos du cœur ou le Secours populaire, qui les redistribueront à leur tour aux personnes dans le besoin.

« Je ne voulais pas être en contact direct avec les bénéficiaires, confie Alain, 67 ans dont cinq à la Banque Alimentaire. Ma mère a fait quarante ans de distribution alimentaire au Secours populaire. À la maison, ça arrivait qu`elle soit encore remuée par la misère qu'elle avait vue. Je ne voulais pas faire pareil mais je tenais à me rendre utile pendant ma retraite. »

Entre les piles de cartons et une énorme balance, Alain annote un bon de commande. Il sait qu'il doit encore ajouter des bocaux de sauce tomate sur la palette destinée à l'Association familiale protestante eybinoise (AFPE), une parmi la grosse centaine qu'approvisionne la Banque Alimentaire en Isère.

« Tous les jours, trois mille personnes en moyenne bénéficient de ces produits », précise Jean-Pierre, venu saluer chaleureusement Alain à son arrivée. Le premier connaît bien les chiffres de la Banque Alimentaire de l'Isère puisqu'il est gestionnaire. « C'est moins physique que de déplacer des cartons mais ça me va bien, je suis utile sur d'autres tâches, raconte le chercheur au CEA à la retraite. J'ai la sensation de faire partie d'une ruche. »

Jean-Pierre est aussi membre du bureau et responsable de la transition énergétique et environnementale de l'organisation départementale. « Je participe aussi aux dossiers pour les demandes de subvention, précise-t-il. Ma femme pense que je fais bien plus que l'équivalent d'un mi-temps. »

Marieke vient tous les mercredis de 7 h 30 à 10 h30, préparer les palettes à l'entrepôt. « Ça me plait de me dire qu'on est utile pour des associations très variées. On s'en fiche des croyances, des origines des bénéficiaires, on n'a pas à choisir », s'enthousiasme l'ingénieure de 48 ans, qui a tenu à garder son mercredi non travaillé pour cette raison.

Responsable maintenance, Jean a trouvé comment associer sa passion pour le bricolage et son « devoir moral de donner du temps pour la collectivité ». L'ancien horloger de 77 ans a connu la Banque Alimentaire en participant à la grande collecte annuelle de dons, qui a lieu en grandes surfaces. « J'ai réparé des kakémonos et le directeur m'a dit qu'il y avait un besoin pour effectuer des petites réparations à l'entrepôt », se souvient Jean tandis qu'il ponce une planche dans l'atelier qu'il a aménagé.

« On a recruté pas mal de bénévoles avec l'ouverture de l'épicerie solidaire en centre-ville, il y a un an. On aimerait que cet appel d'air fonctionne aussi pour l'entrepôt », partage Sylvain Géry, le directeur salarié de la Banque Alimentaire de l'Isère. Comme ses collègues, il constate la hausse des bénéficiaires que couvre l'association, 10 000 pour l'année 2024, mais le rythme de recrutement de nouveaux bénévoles, lui, s'essouffle.

Les volontaires donnent en moyenne une demi-journée à quatre jours par semaine. En cette rentrée, l'association recherche activement des bras pour la manutention de palettes, le tri et la pesée des produits ramassés mais aussi un chargé de communication. Tous comptent sur la grande collecte annuelle, qui aura lieu cette année le week-end des 28 et 29 novembre, pour motiver de potentielles nouvelles recrues.

Zoé Dert-Chopin

Ces associations en recherche de bénévoles pour la rentrée

La plupart des associations précisent qu'elles sont sans cesse à la recherche de bénévoles. En cette rentrée, où les plannings se précisent, Le Dauphiné libéré dresse ici une liste non exhaustive des organisations où il est possible de donner de son temps à Grenoble et dans sa périphérie :

  • Secours catholique : en Isère, l'organisation compte 800 bénévoles. À Grenoble, les antennes comme celle des Eaux-Claires ou à Notre-Dame cherchent des accompagnants pour aiguiller les personnes isolées, dont nombre sont sans domicile fixe, au sein d'un accueil de jour où les bénéficiaires peuvent se réconforter autour d'un café et d'une oreille attentive.
  • Banque Alimentaire : avec 240 bénévoles actifs, l'association cherche des volontaires pour des missions dans son entrepôt où sont stockées les denrées récoltées avant de les redistribuer aux associations partenaires de distribution alimentaire. Déplacement de cartons alimentaires, tri des produits, lien avec les partenaires... : les missions sont variées et effectuées de façon collective.
  • Secours populaire : avec une augmentation de 20 % des bénévoles en un an, la fédération iséroise semble attirer les volontaires, notamment les moins de 25 ans, très représentés. Mais il n'y a jamais trop d'engagés pour accompagner les 6 700 bénéficiaires du Secours populaire dans l'agglomération grenobloise.
  • Restos du cœur : ils recrutent en permanence des bénévoles dans l'agglomération. Début septembre, l'association a des besoins spécifiques pour des missions au centre Nicolas-Chorier, spécialisé dans l'accueil de personnes seules et d'étudiants, que ce soit pour de la distribution alimentaire ou celle de repas chauds certains midis de la semaine. L'association recherche aussi deux chauffeurs permis B pour la collecte des dons alimentaires, le temps d'une à deux demi-journées par semaine.
  • Emmaüs Connect : l'association est en cours de recrutement de nouveaux bénévoles pour accompagner les personnes qui ne maîtrisent pas les outils numériques.