Banques alimentaires: Une collecte nationale cruciale
Les Banques alimentaires organisent leur collecte nationale à compter de ce vendredi et pour trois jours. Cet évènement solidaire se tiendra dans 8000 points de collecte en France pour venir en aide a 2,4 millions de personnes en situation de précarité alimentaire.
Toutes les équipes « sont prêtes», assure le président de la Fédération française des Banques alimentaires (FFBA) Jean-Louis Duprez qui vante une «logistique à toute épreuve ». L'organisation lance ce vendredi et tout le week-end à venir sa collecte nationale pour recueillir auprès des particuliers des denrées alimentaires et
produits hygiéniques dans les magasins. Lors de ces trois jours, les Banques alimentaires reçoivent entre 10 et 20 % de leurs besoins annuels.
« On s'attend à récolter 10 000 tonnes de produits, soit 20 millions de repas. Mais si on les dépasse tant mieux », se projette Jean-Louis Duprez. Une fois collectées, les denrées sont répertoriées, triées et stockées
avant d'être envoyées dans l'une des 6 044 associations partenaires à travers la France. Le travail des Banques alimentaires a permis de venir en aide à 2,4 millions de personnes en 2024. « On accompagnait 2 millions de personnes en 2019, on a donc observé une augmentation de 20 % en cinq ans », note le président de la FFBA_ « Il y a beaucoup de foyers monoparentaux, des personnes âgées avec des faibles retraites. On a aussi vu l'arrivée des travailleurs pauvres qui souffrent de l'inflation de la nourriture, des loyers et de l'énergie et qui sont en difficulté pour joindre les deux bouts », ajoute-t-il, tout en précisant qu'une structure spécialement dédiée aux étudiants a également été mise en place il y a trois ans.
« Nous assurons le service public de l'aide alimentaire »
Dans un rapport publié le 16 juillet, la Cour des comptes reconnaît que « l'aide alimentaire relève majoritairement de l'offre associative et est largement financée par la générosité du public, même si elle est aussi soutenue financièrement par l'Union européenne, l'État et les collectivités locales C C'est plus facile pour l'État de se reposer sur des associations comme nous, plutôt que de payer les salaires des bénévoles, des locaux, des transports et l'électricité. Personne n'est dupe sur la situation: nous assurons le service public de l'aide alimentaire », abonde Jean-Louis Duprez, qui se félicite toutefois que la partie dévolue à l'aide alimentaire n'ait pas été remise en cause lors des débats budgétaires.
Outre le don de denrées en magasins, l'association propose aussi de soutenir son action de façon dématérialisée via sa plateforme “Mon panier solidaire en ligne". La Fédération des Banques alimentaires s'appuie sur la générosité des donateurs et de ses bénévoles. Si 7700 « gilets orange »› sont mobilisés à l'année, environ 116 000 le seront sur ce week-end de collecte. « C'est aussi un enjeu de faire connaître notre travail et d'inciter les gens à s'engager », encourage le président des Banques alimentaires.
Théo Meunier