Un nouveau président pour la Banque Alimentaire de l’Isère

15/05/2016
Un nouveau président pour la Banque Alimentaire de l’Isère

Christian Chédru, jusqu’alors chef de projet “Trois étoiles solidaires”, prend la suite des six ans de mandat de Bernard Perry.

article du Dauphiné Libéré

Christian Chédru dit s’inscrire dans le renforcement des actions de son prédécesseur


À l’occasion de la réunion de son conseil d’administration jeudi après-midi, la Banque Alimentaire de l’Isère (BAI) a élu un nouveau président. Christian Chédru, soixante ans et jusqu’alors chef de projet “Trois étoiles solidaires”, prend ainsi la suite des six ans de mandat de Bernard Perry. Avant d’intégrer la BAI, Christian Chédru était responsable du service restauration de la Ville de Grenoble pendant dix ans. « Dans ces fonctions, j’ai aussi été amené à travailler sur des projets transversaux, dont l’organisation du côté mairie du Grand Repas », mis en place par la BAI, le Secours Populaire et les Restos du coeur, avec aussi le concours du CCAS. C’est à ce moment-là, en 2013, qu’il a rencontré Bernard Perry.
Tous deux ont donc beaucoup travaillé ensemble sur le projet “Trois étoiles solidaires” et ils ont convenu que Christian Chédru pouvait prétendre au bureau. Une vision partagée par tous, apparemment. « J’avais du temps, mais surtout des convictions personnelles », explique l’intéressé. « Bien sûr, j’ai l’objectif de perdurer tout ce qui a été fait et porté par Bernard [Perry] et le reste du bureau », ainsi que de renforcer les échanges avec les associations comme le Secours populaire et les Restos du Cœur : « Il faut qu’on soit proches tout en gardant nos valeurs et nos distinctions. »
Les chiffres mis en avant lors de l’assemblée générale l’ont révélé (lire nos éditions du 3 mai), l’année 2016 sera difficile pour la BAI et ceux qu’elle accompagne. « Malheureusement, on est dans une situation très compliquée, regrette Christian Chédru, on le vit au réel. Au premier trimestre, on a beaucoup plus de personnes démunies qui viennent frapper aux portes, c’est quand même quelque chose qui nous alerte. » Avec 15 % de demandes en plus par rapport à l’année dernière, « on sait d’ores et déjà qu’on n’aura pas de quoi faire face à la demande, on va être obligés de distribuer des quantités plus faibles par semaine pour satisfaire tout le monde », renchérit Bernard Perry.
Le nouveau président et ses équipes auront donc plusieurs défis à relever, les plus importants étant d’intégrer le texte de loi Garot contre le gaspillage alimentaire à leur organisation et d’affiner les tâches des bénévoles (160 en moyenne) et leur répartition, notamment au regard du désengagement du Département : « Si on doit plus accompagner ces personnes démunies, parce que le Département se prononce différemment sur les aides, comment peut-on le faire si on n’a pas les moyens suffisants ? », s’interroge ainsi Christian Chédru. Un rendez-vous dans le courant de l’été avec la collectivité devrait permettre d’avoir « une vision claire » de leurs attentes.

Une volonté de dupliquer en France et à l’étranger le “Trois étoiles solidaires”


Ouverte en octobre 2015, la cuisine “Trois étoiles solidaires”, située à Seyssins, distribue environ 500 repas par jour. « Bien évidemment, on a une vision du projet à 1 000 repas », ambitionne le nouveau président de la Banque Alimentaire de l’Isère, Christian Chédru. Il anticipe ainsi « les produits qu’on n’a pas encore pu récupérer faute de partenariats avec certaines structures ».
Allonger les plages de travail, pour l’instant de 10 à 19 heures, est un des chantiers à l’étude. « On se rapproche aussi des Portes de Chartreuse », à Voreppe. « On est regardés parce que c’est une belle réalisation et tout le monde se pose la question de la lutte contre le gaspillage alimentaire […] Redonner vie aux produits est quelque chose de pertinent. »
En conséquence, « notre volonté est de pouvoir dupliquer le projet. » Quelques banques alimentaires de la région sont venues voir la cuisine et cette dernière a été présentée il y a quelques semaines en Écosse, la Banque Alimentaire étant présente dans 25 pays d’Europe. Et « aux États-Unis, peut-être demain », sourit Christian Chédru.